Soutenir, Animer et Libérer la Recherche à l’UPS

La recherche doit être une préoccupation centrale pour une grande Université comme l’Université Paul Sabatier. Guidée par le désir de comprendre notre monde, par la curiosité, la recherche produit des connaissances qui nourrissent l’innovation et répondent aux problèmes sociétaux. Ces connaissances sont tout aussi nécessaires à l’enseignement, à l’expertise, à la culture et même à la démocratie. Notre ambition pour la recherche à l’UPS est d’œuvrer pour une recherche autonome assortie du soutien public dont a besoin une recherche libre. C’est l’ambition de notre projet.

La perte de l’IDEX a été un point majeur de l’actualité récente pour le site toulousain. Le rebond attendu a été long à venir, mais des succès récents sont à retenir, comme le renouvellement des Labex du site, le 3IA et les 5 projets EUR. C’est un support très important et un gage de visibilité pour l’UFTMiP qui porte ces projets et donc pour l’UPS. Le rôle moteur que doit jouer l’UPS sur le site s’est affaibli ces dernières années par l’abandon d’une politique scientifique ambitieuse et un soutien inefficace à la recherche.

L’organisation efficace des services de soutien à la recherche relève de l’Université. Une organisation n’est pas une fin en soi, mais un outil permettant de rendre plus fluide, plus visible et surtout plus efficace son activité. Il est indispensable de mettre en place un réel soutien pour aider les BIATSS et EC investis dans la recherche : soutien administratif pour le montage de projets (finance, administratif), simplification des procédures de gestion, souplesse et accompagnement, avec un interlocuteur unique et pérenne. Il est également nécessaire de soutenir les acteurs de la recherche en améliorant la qualité de vie au travail, à travers les locaux mais aussi la simplification et la clarification des procédures (missions, gestion des projets, de la contractualisation, de la valorisation). Tout cela passera avant tout par une Direction du Soutien aux Laboratoires (DSL) renforcée, avec une structure stabilisée, avec des personnes compétentes sur des postes pérennes, correctement rémunérées au regard de leur activité ; des interlocuteurs bien identifiés et qualifiés pour tous les dossiers, à toutes les étapes. En bref, une DSL qui participe à la vie des laboratoires, en apportant un soutien sur la gestion financière et administrative des projets menés.

Soutenir la recherche c’est également soutenir ceux qui s’y investissent à l’Université. La motivation et la reconnaissance (carrières, promotions, primes, décharges, égalité Femmes – Hommes, etc.) ne doivent plus être des tabous. Cela devra faire partie d’une nouvelle politique RH, claire, répondant aux différents besoins et pluriannuelle (cf. volet RH).

Une université de la taille de l’UPS doit afficher une stratégie de recherche claire et ambitieuse, qui défend la diversité de ses recherches, qui soutient les quelques grands projets d’établissement, qui ménage une place à l’émergence de nouvelles thématiques et au soutien des jeunes chercheurs, et qui s’intègre dans une politique de site, incontournable, dans laquelle l’UPS doit être un moteur. Nous proposons de créer un Comité d’orientation dont le rôle sera d’élaborer une réelle stratégie de recherche à l’Université pour alimenter les réflexions de la Commission de la Recherche. Ce comité sera constitué de personnes reconnues et compétentes, choisies sur des critères clairs qui auront été définis et exposés en amont. Par exemple, les académiciens, lauréats d’ERC, IUF, directeurs de laboratoire, directeurs de comité de pôle… l’Université est riche de compétences et doit s’appuyer sur celles-ci.

La mise en œuvre de cette stratégie entend une maîtrise et une répartition équitable et transparente des moyens alloués à la recherche et un certain décloisonnement de la recherche. Il faudra ainsi éclaircir les priorités recherche de l’établissement, rétablir les appels d’offres (Axes Thématiques Prioritaires, mais aussi des appels à projets blancs ou plurisdiciplinaires) en précisant les critères d’éligibilité et les calendriers associés. Un lieu de rencontres et de discussions entre les laboratoires sera par ailleurs mis en place afin de favoriser les échanges. La mutualisation des grands instruments et plateformes sera accélérée. Cela s’appuiera sur la réorganisation des pôles de recherche dont le rôle est initialement d’animer la recherche à l’Université.

Animer la recherche, c’est aussi mieux organiser sa mise en œuvre. En interne, il est notamment urgent de mettre en place un calendrier précis pour l’organisation du travail des comités de pôle, des départements, des composantes, notamment vis-à-vis des campagnes d’emplois et des budgets alloués à la recherche. Et il faut absolument simplifier les procédures et centraliser les indicateurs RH et scientifiques : un seul lieu de décision pour chaque dossier. A l’extérieur, il faut faciliter les échanges et les collaborations avec le monde socio-économique, afin d’augmenter les recettes issues de la recherche. Il manque à l’Université un point d’entrée pour les entreprises/collectivités qui ont un besoin recherche (ou simplement qui souhaitent se rapprocher de l’Université pour d’autres sujets comme par exemple le versement de la TA). Une structure qui oriente, qui aide et qui suit l’évolution d’un projet de coopération. Il est nécessaire également de mettre en place des accords-cadres négociés à l’échelle de l’Université afin d’alléger de façon importante la contractualisation avec les grands groupes, les EPST et EPIC du site.

La recherche à l’UPS couvre un spectre très large de thématiques scientifiques dans un contexte socio-économique régional favorable, ouvert au national et à l’international, particulièrement dans des domaines comme l’agroalimentaire, l’énergie, l’aéronautique et la santé. La spécificité toulousaine que constitue la présence bien équilibrée de toutes les disciplines, ainsi que la relative proximité des sites de recherche par rapport à l’agglomération, est favorable à l’excellence et la pertinence scientifique. L’UPS a la chance d’avoir en son sein des structures de recherche au meilleur niveau international, dans des domaines très variés. Elle a la chance d’être capable de traiter des problématiques sociétales avérées, d’actualité et complexes. Mais elle souffre d’une organisation qui alourdit de façon importante le travail des acteurs de la recherche. Libérons la recherche. La recherche se fait dans les laboratoires. L’Université doit aider et soutenir, plutôt qu’alourdir et freiner. Elle doit renforcer le dialogue de gestion, être proche et à l’écoute des unités de recherche, leur redonner leur rôle dans la recherche, leur donner un espace pour donner leur avis. Encore une fois il faut redonner aux pôles le temps, le cadre et l’espace pour cela. Les laboratoires savent s’organiser dans leur discipline, ils savent être efficaces et pertinents. L’Université doit apporter de l’aide pour fonctionner, et de l’émulation pour faciliter l’interdisciplinarité. Sans faire de l’interdisciplinarité et de la transversalité le principe de tout soutien, elle peut s’appuyer sur la présence des grands organismes et de partenaires académiques de grande qualité sur le site. Il faut favoriser les lieux de rencontre et de discussions au sein de l’Université, qui peuvent déboucher sur de nouvelles actions originales qui pourront s’étendre sur des problématiques sociétales à l’ensemble du site, et apporter en retour des retombées significatives pour l’Université. Pour cela, l’université doit augmenter ses ressources, notamment en augmentant les financements sur projets européens, industriels, ainsi qu’à l’international ; pour cela, encore une fois, il est essentiel de développer des services de qualité aux laboratoires pour les aider dans le montage et la réalisation de leurs projets. L’université peut aussi s’appuyer sur la fondation Catalyses ; notre fondation peut permettre d’accélérer les accords de partenariat entre la recherche et le monde socio-économique via le mécénat.

Libérer la recherche, c’est aussi faciliter la vie quotidienne dans un laboratoire. Dans nos relations avec les organismes de recherche, et plus largement avec les autres tutelles, il faut harmoniser les pratiques : cantine, congés, télétravail, outils informatiques… il faut enfin apporter des solutions à ces petits problèmes pour entraîner de grands changements dans le quotidien de tous.

Ainsi grâce à cette nouvelle politique scientifique ambitieuse portée par un soutien efficace à la recherche, l’UPS jouera enfin un rôle moteur sur le site toulousain.